Ce n’est pas un trait de caractère. C’est ce qui se passe quand on continue sans jamais prendre des pauses pour s’analyser.
Marion a 43 ans. Directrice de projet, mère de deux enfants, elle a bâti une carrière solide, une belle petite famille, une vie qui vue de l’extérieur ressemble à une réussite. Et pourtant dans son fort intérieur elle doute d’elle-même en permanence : un mail un peu sec de son manager, une remarque de sa belle-mère, un enfant qui pleure au moment où elle part travailler, et la voilà qui se sent nulle et coupable de ne pas être parfaite.
Ce n’est pas nouveau pour elle mais c’est plus fort qu’avant. Comme si sa confiance, autrefois solide, s’était mise à fondre sans qu’elle comprenne pourquoi.
Manque de confiance en soi : origine d'un phénomène plus complexe qu'il n'y paraît
On imagine souvent le manque de confiance en soi comme une caractéristique stable depuis l’enfance, comme si certains étaient nés avec et n’autres non. La vérité c’est que la confiance en soi n’est pas un trait figé : c’est la conséquence de notre système de croyances inconscientes que l’on porte et que l’on continue de développer au long de notre vie.
Et l’une des conditions les plus corrosives pour la confiance, c’est la manque d’actualisation personnelle, c’est à dire de moments que l’on prend pour s’arrêter et analyser nos comportements. Un système de croyance est comme un programme d’ordinateur qui tourne et dicte la manière dont on réagit. Si nous ne nous arrêtons pas pour construire notre programmation, nous vivons en pilotage automatique. Si une croyance s’est figée « je ne suis pas assez bien » dans l’enfance, notre subconscient continue de s’en servir pour répondre aux situations présentées.
De plus, un système nerveux submergé de pensées subconscientes n’a pas l’énergie disponible pour évaluer les situation avec justesse. Il est en mode automatique dans lequel il voit tout avec des verres teintés, ce qui l’oblige à protéger ce qu’il croit. D’où les réactions en mode défensif que nous avons. Sans osculter notre mental avec la précision d’un docteur, nous n’avons pas les ressources internes pour percevoir les situations avec justesse, et nous tombons dans la tristesse.
Manque de confiance en soi : symptômes qu'on ne relie pas toujours entre eux
La perte de confiance ne se manifeste jamais consciemment (nous ne nous disons pas “je ne suis pas capable”). Elle prend souvent des formes détournées :
- Tu relis trois fois un mail avant de l’envoyer, de peur qu’il soit mal perçu
- Tu minimises systématiquement tes réussites (“c’était facile,” “n’importe qui aurait fait pareil”)
- Tu anticipes le jugement des autres avant même qu’il n’ait lieu
- Tu évites de prendre la parole dans une réunion, par peur de dire quelque chose “de travers”
- Tu n’exprimes pas ton ressenti à la famille, de peur d’être agressée verbalement ou émotionnellement
Ces signes montrent que tu as arrêté de te faire confiance, ou que tu n’as jamais commencé à le faire, et que la peur de ne pas plaire est plus fort que le besoin d’être authentique.
Manque de confiance en soi à cause des parents : pas une fatalité
Il est vrai que les schémas de confiance se développent tôt, souvent dans la façon dont on a été regardée, encouragée ou au contraire jugée durant l’enfance. Mais c’est un passage obligatoire qui n’épargne personne. Même en faisant le mieux possible, les insécurités inconscientes des parents nous atteignent. Ce n’est jamais une raison pour blâmer, car grandir et évoluer ça veut dire prendre en charge nos ressentis et les travailler plutôt que les rejeter. Ils n’ont pas eu l’époque et les opportunités que nous avons pour apprendre à s’analyser intérieurement. Attribuer toute perte de confiance à quelqu’un d’autre, c’est éviter de regarder ce qui, dans sa vie aujourd’hui, ne nous sert plus et nous empêche d’avancer.
Quand on prend en charge sa vie, on regarde ce qu’on a cru par défaut et qui ne nous appartient pas, et on commence à développer les croyances positives qu’on a envie de construire avec notre intelligence d’adulte.
Manque de confiance en soi, psychologie : ce que la tradition et la science disent toutes les deux
Dans la pensée védique, on distingue le Soi véritable (Atman) : l’âme stable, entière, non affectée par les circonstances, des rôles que l’on joue dans le monde (parent, professionnelle, partenaire). Une grande partie de la souffrance liée à la confiance vient d’une confusion entre les deux : on juge son Soi profond à partir de la performance de ses rôles, alors que ce sont deux plans distincts.
Les neurosciences rejoignent cette intuition d’une autre manière : un système nerveux régulé, capable de revenir au calme après une activation a objectivement plus de facilité à maintenir une image de soi stable, même face à l’échec. À l’inverse, un système en état de stress chronique interprète presque tout comme une menace, y compris envers sa propre valeur. Ce n’est pas un hasard si la confiance vacille davantage dans les périodes de surcharge : ton cerveau, occupé à gérer l’urgence permanente, n’a plus la disponibilité pour te rappeler ce que tu vaux réellement.
Que faire quand le manque de confiance en soi s'installe ?
Il n’existe pas de solution instantanée (et se méfier de qui la promet). Mais par un travail de fond qui doit nécessairement venir d’une volonté d’évoluer, on apprend à:
- Prendre du temps avec soi-même. Pour reprendre confiance en soi, il est primordial de se connaître, se passer du temps avec soi-meême pour devenir une véritable amie. C’est une relation qui se travaille comme pour l’amitié.
- Séparer le fait du jugement. Face à une erreur ou un échec, note d’abord les faits (“j’ai oublié ce rendez-vous”), avant d’y ajouter une interprétation (“je suis nulle”). C’est ce qu’on appelle en PNL une équivalence complexe. Le second commentaire négatif n’est pas obligatoire.
- Réduire la charge avant de travailler la confiance. Il est difficile de reconstruire une image de soi stable tant que le système nerveux reste en surrégime permanent. Ainsi le travail vient d’abord d’un réalisation de ce qui est vraiment nécessaire à sa satisfaction et son équilibre mental.
Ce que Claire a compris
En travaillant ses équivalences complexes, les jugements négatifs qu’elles nourrissait contre lle-même sans s’en rendre compte, Claire a compris que sa perte de confiance n’était pas anormale, mais qu’elle ouvait très facilement changer la tendance en se regrdant et s’dmirant profondément. En redonnant à son système nerveux de vrais espaces de récupération, sa confiance est revenue, progressivement, avec une vraie volonté.
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